Vivre en couple avec un trouble anxieux : quand l’anxiété prend aussi de la place dans la relation.

Être en couple lorsqu’on souffre d’un trouble anxieux peut être une expérience particulière.
Car l’anxiété ne disparaît pas en quittant le cabinet, ni en retrouvant la personne que l’on aime.
Elle peut s’inviter dans les sorties, les vacances, la vie familiale, les projets, le quotidien… mais aussi dans l’intimité et la sexualité.
Et lorsqu’elle devient importante, elle peut parfois donner le sentiment de prendre plus de place dans le couple que l’on souhaiterait.
Quand l’anxiété ne concerne pas le couple… mais qu’elle finit par l’impacter
Une personne peut souffrir d’anxiété généralisée, de crises de panique, d’agoraphobie ou d’autres troubles anxieux sans que son couple soit à l’origine de ses difficultés.
Pourtant, les conséquences peuvent rapidement toucher la vie à deux.
Sortir devient compliqué.
Prendre les transports peut demander beaucoup d'énergie.
Aller au restaurant, partir en vacances ou participer à une soirée peut devenir une véritable épreuve.
Et parfois, certaines choses que l'on faisait naturellement avant deviennent difficiles.
Le partenaire peut alors se retrouver à adapter les sorties, à accompagner, à rassurer ou à renoncer lui aussi à certaines activités.
L’anxiété appartient à celui ou celle qui la vit, mais ses conséquences peuvent concerner les deux.
« J’ai l’impression de lui faire subir mes difficultés »
C’est une phrase que peuvent ressentir certaines personnes anxieuses.
Elles peuvent avoir honte de ne plus pouvoir faire certaines choses.
Se sentir moins autonomes.
Se comparer à leur partenaire.
Avoir l’impression de ralentir l’autre.
Craindre de devenir une charge.
Cette perception peut fragiliser la confiance en soi et amener progressivement à se mettre en retrait.
Pourtant, être en difficulté ne signifie pas être un mauvais partenaire.
Un trouble anxieux n’est pas un choix et ne résume évidemment pas une personne.

Et pour le partenaire ?
De l’autre côté, vivre avec une personne anxieuse peut également être difficile.
On peut avoir envie d’aider sans savoir comment.
Ne pas savoir quoi dire pendant une crise d’angoisse.
Se demander s’il faut rassurer, accompagner, laisser de l’espace…
Et parfois ressentir de la frustration :
« J’aimerais qu’on puisse faire cette sortie ensemble. »
« J’aimerais partir en vacances sans avoir à tout anticiper. »
« J’ai parfois l’impression que toute notre organisation tourne autour de l’anxiété. »
Ces émotions ne font pas du partenaire quelqu’un d'égoïste.
Les besoins des deux personnes ont leur place dans la relation.
Ne pas laisser l’anxiété devenir le troisième membre du couple
Lorsque l’anxiété prend beaucoup de place, il peut être tentant de tout organiser autour d’elle.
Ne plus sortir parce que cela risque de provoquer une crise.
Éviter certaines situations.
Renoncer à des projets.
Modifier constamment son quotidien pour éviter que l'anxiété ne monte.
À court terme, cela peut sembler plus simple.
Mais à long terme, l’évitement peut aussi contribuer à maintenir le trouble anxieux.
Le couple peut alors progressivement réduire son espace de liberté.
L’objectif n’est donc pas de construire toute la vie autour de l’anxiété, mais de retrouver progressivement des espaces de liberté malgré elle.

L’anxiété peut aussi toucher la sexualité
Et c’est un sujet dont on parle encore trop peu.
Quand on est anxieux, le corps peut être en tension, le mental constamment sollicité et la fatigue importante.
Difficile, dans ces conditions, de se rendre disponible pour le désir, les sensations et le plaisir.
Certaines personnes peuvent aussi ressentir :
une baisse du désir ;
des difficultés d’excitation ou d’érection ;
des difficultés à atteindre l’orgasme ;
une appréhension des rapports ;
une sensation de déconnexion avec leur corps ;
ou simplement… l’absence totale d’envie.
Et lorsque le partenaire ne comprend pas ce qui se passe, cela peut générer des incompréhensions supplémentaires.
L’absence de désir n’est pas forcément une absence d’amour.
Parfois, le système anxieux prend simplement tellement de place qu’il devient difficile d’être disponible pour autre chose.
La communication devient essentielle
Vivre avec un trouble anxieux ne signifie pas que le partenaire doit tout accepter ou tout porter.
Et la personne anxieuse ne devrait pas non plus avoir à cacher ses difficultés pour protéger l’autre.
Il est important de pouvoir dire :
« Voilà ce que je vis. »
Mais aussi :
« Voilà ce dont j’ai besoin. »
Et pour le partenaire :
« Voilà ce que je peux faire pour t’aider. »
Mais également :
« Voilà ce qui devient difficile pour moi. »
Ces conversations ne sont pas toujours faciles.
Elles demandent de pouvoir parler des difficultés sans culpabiliser l’un et sans accuser l’autre.
Chacun doit pouvoir garder sa place
Le partenaire peut être un soutien précieux.
Mais il n’a pas vocation à devenir thérapeute, soignant ou « sauveur ».
De la même manière, la personne anxieuse peut apprendre à développer ses propres ressources afin que toute la sécurité du quotidien ne repose pas sur son conjoint.
Soutenir quelqu’un ne signifie pas tout faire à sa place.
Et prendre soin de soi lorsqu’on vit avec une personne anxieuse n’est pas l'abandonner.
C’est aussi permettre au couple de rester une relation entre deux personnes, et pas une relation entre un malade et son aidant.

Parfois, se faire accompagner à deux peut aider
Lorsque l’anxiété crée des tensions répétées, des incompréhensions, une perte de liberté, des difficultés dans l’intimité ou un déséquilibre dans le quotidien, il peut être intéressant de ne pas attendre que le couple soit complètement épuisé.
Un accompagnement peut permettre de :
mieux comprendre ce qui se joue ;
mettre des mots sur les besoins de chacun ;
apprendre à communiquer différemment ;
identifier les limites de chacun ;
retrouver progressivement des espaces de liberté ;
préserver la complicité et l’intimité ;
et faire en sorte que l’anxiété ne définisse pas toute la relation.
Et si le couple pouvait apprendre à vivre autrement avec l’anxiété ?
Il ne s’agit pas de faire disparaître toute anxiété pour que le couple puisse aller bien.
L’objectif est plutôt que l’anxiété retrouve une place qui ne soit pas toute la place.
Parce qu’une personne anxieuse peut aimer, désirer, rire, sortir, avoir des projets et construire une relation épanouissante.
Elle peut aussi avoir besoin d’aide.
Et son partenaire peut lui aussi avoir besoin d’être entendu.
Le couple n’a pas à lutter seul contre l’anxiété.

Mon accompagnement
Dans mes accompagnements, je peux travailler avec vous autour de l’anxiété, de ses conséquences dans la vie quotidienne, mais aussi de ce qu’elle vient parfois bousculer dans la relation et la sexualité.
En individuel ou en couple, l’objectif est de créer un espace où chacun peut exprimer ce qu’il vit, sans jugement, et retrouver progressivement des ressources et une manière de fonctionner qui convienne aux deux.
Parce que vivre avec l’anxiété ne devrait pas signifier renoncer à vivre pleinement sa vie à deux.
Janis

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